PROFANATIONS DE LIEUX DE CULTE ET DE SEPULTURES

21 mars 2019

PROFANATIONS DE LIEUX DE CULTE ET DE SEPULTURES CATHOLIQUES

M. le président. La parole est à M. Julien Aubert.
M. Julien Aubert. Monsieur le ministre de l’intérieur, le Gouvernement a décidé d’inscrire l’abbaye de Sénanque, située au cœur de ma circonscription, sur la liste des bénéficiaires du loto du patrimoine 2019, ce qui va sauver ce joyau de l’art cistercien, menacé d’effondrement. Je vous en félicite. Néanmoins, à quoi sert-il d’investir dans la rénovation si, dans le même temps, nous laissons d’autres édifices chrétiens se faire gratuitement vandaliser, profaner, souiller ? Rien que ces derniers jours, citons l’église catholique Saint-Louis de la Robertsau, à Strasbourg, la cathédrale Saint-Alain, à Lavaur, ainsi que l’incendie volontaire commis à Saint-Sulpice. Très symboliquement, la nécropole des rois de France, la basilique Saint-Denis, haut lieu de la mémoire, a été prise pour cible. Ce sont ainsi deux églises par jour qui, dans un silence assourdissant, sont attaquées ou profanées dans notre pays. Ce sujet ne concerne pas seulement ceux qui croient au ciel ; c’est une alerte républicaine qu’il faut lancer. La liberté de culte est en jeu, que vous avez le devoir de protéger, en votre qualité de ministre de l’intérieur. Si les lieux de culte doivent être mis sous clé pour empêcher les dégradations, que reste-t-il de cette liberté ? Il s’agit également d’assurer la protection de notre patrimoine, car on parle ici de bâtiments de la nation. Comment expliquez-vous que nous ayons pu protéger nos églises pendant des siècles, qu’elles aient pu traverser les guerres de religion, la Révolution, des guerres mondiales, mais qu’aujourd’hui la République ne soit plus capable d’enrayer ce cycle de dégradations ? C’est bien l’autorité de l’État qui est en cause : vous devez mettre un terme au pillage, sur les Champs-Élysées comme dans les églises de ce pays. De plus, je m’interroge sur la nature politique de ces attaques, qui concordent également avec des profanations de cimetières chrétiens. L’antichristianisme qui se propage marque une volonté de déconstruction de notre histoire et de nos cultures. Soljenitsyne affirmait : « Afin de détruire un peuple, il faut d’abord détruire ses racines. » Monsieur le ministre, mes questions sont très simples : pouvez-vous nous renseigner sur le profil des personnes qui s’attaquent aux lieux de culte et aux sépultures chrétiens ? Combien ont été appréhendés ? Y a-t-il une volonté délibérée de s’attaquer à la religion et au patrimoine chrétiens, en lien avec la campagne mondiale lancée par l’État islamique ? Peut-on, monsieur le ministre, parler d’antichristianisme en France ?