Homélie du Père Pierre - mardi 1er Janvier 2019

5 janvier 2019

Homélie du Père Pierre lors de la messe du 1er Janvier 2019 à 10h30 à la cathédrale Saint Siffrein , solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu.

Mes frères et sœurs, mes amis,

Je suis très heureux de célébrer cette Eucharistie, la première de l’année 2019. Je considère que c’est une grâce du Seigneur. Je ne prends rien au hasard. Nous nous retrouvons en ce matin dans cette église pour rendre grâce à Dieu. Parce que nous croyons qu’Il est le Dieu vrai et vivant. C’est Dieu, créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible, le Maître du temps et de l’histoire, le Maître des circonstances. C’est Dieu qui nous donne de nous retrouver là. C’est Dieu qui nous invite ce matin pour nous accorder sa bénédiction, comme nous venons de l’entendre dans la première lecture. Je disais tout à l’heure ouvrons notre cœur pour recevoir cette bénédiction que Dieu veut nous accorder. Il veut nous accorder cette bénédiction par ce qu’Il nous aime. Il veut nous voir heureux. Il veut nous voir vivants. Ceux qui seront capables de faire comme les bergers que nous avons entendus tout à l’heure dans l’évangile qui repartaient en rendant grâce à Dieu pour tout ce qu’ils ont entendu et ce qu’ils ont vu.

En ce premier jour de l’année qui s’ouvre devant nous, l’Eglise notre mère nous donne de regarder à nouveau Marie comme Mère de Dieu. Sans nous perdre dans beaucoup de théologie, parce que Jésus est Dieu, ça ne peut être que la Mère de Dieu. Aujourd’hui nous avons entendu qu’on lui a donné le nom qui avait été annoncé avant sa naissance, Jésus, ce qui signifie Dieu sauve. La bénédiction que Dieu nous accorde aujourd’hui c’est pour notre salut.

Je voudrais que nous regardions ensemble cette Mère, cette femme qui nous est présentée : Marie. C’était une femme comme toutes les autres. Il se passe des choses dans la vie de cette femme. S’attendait-elle un jour à être la Mère de Dieu, la Mère du Sauveur  ? Je ne pense pas. Comme toute autre fille d’Israël, elle attendait la venue du Messie mais est-ce que cela allait être elle  ? Non. Mais elle se laisse surprendre par Dieu. Elle était engagée dans une relation avec quelqu’un, elle était fiancée à Joseph. Mais Dieu profite de ce moment pour changer l’Histoire du monde. Et elle, sans trop comprendre dit : me voici la servante du Seigneur. Elle dit oui. Marie, celle qui a été capable de dire oui, reste fidèle à ce oui, à la Foi. En regardant aujourd’hui Marie comme Mère de Dieu, l’Eglise nous invite à être des hommes et des femmes de Foi, d’être ceux qui sont capables de dire oui au Seigneur, quelles que soient les circonstances de la vie. Laisser le plan de Dieu s’accomplir.

Si je me mets à la place de Marie, il y a un homme qui est là et qui veut me prendre en mariage et Dieu me dit voilà, tu seras enceinte. Mais que devient mon mariage  ? Que va dire mon fiancé  ? Il est frappant de voir que son entretien avec Dieu par l’entremise de l’ange Gabriel terminé, elle va voir sa cousine. Elle est femme de Foi, elle a cru en ce que le Seigneur lui a dit : attention ta cousine est enceinte de six mois. Elle va pour l’aider. Et nous allons voir ce qu’il va se passer. Elle ne dit rien à Joseph. Elle ne veut pas s’expliquer. C’est l’affaire de Dieu. Que ta volonté soit faite  ! Je ne suis que ta servante. Elle a été capable de se taire, de garder tout cela dans son cœur.
L’évangile nous dit que quand Joseph découvre qu’elle est enceinte, Joseph réfléchit à comment la renvoyer. Mais en secret car il devait la protéger. Il sait que si la communauté apprenait qu’elle était enceinte avant qu’elle soit chez lui, elle mourrait par lapidation. C’était cela la Loi. Au moment où il pensait cela, Dieu vient parler à Joseph. Il lui dit de prendre Marie pour femme car c’est l’œuvre de Dieu, de l’Esprit Saint qui agit.

Arrêtons nous un peu pour regarder en nous-mêmes. Nous sommes souvent pressés d’agir. Nous voulons tout de suite des explications. Nous voulons que tout soit rationnel. Quelle rationalité voulez-vous trouver là  ? Mes chers amis, Dieu est plus grand que notre raison. Dieu vient même dans l’irrationalité remettre de l’ordre et tracer son chemin pour nous sauver. Joseph l’accepte. Elle ne dit rien. Ils doivent obéir à la loi du gouverneur pour aller se faire recenser. Savait-elle qu’elle allait accoucher. C’était une femme, elle savait qu’elle était au terme de sa grossesse. Ca pouvait arriver. Il n’y a pas d’endroit pour qu’elle soit accueillie. On nous dit qu’elle est accueillie dans un lieu assez bizarre quand même. Elle va accoucher de son fils dans une crèche. Ce n’est pas un lieu bien arrangé. Quand on revient au temps où ces événements se sont passés, il y avait des grottes où les gens amenaient leurs brebis , parmi lesquelles on devait choisir la meilleure pour les sacrifices. Le propriétaire des ces lieux savait-il que l’enfant qui va naître de ce couple c’est le Sauveur  ? Et c’est dans ce lieu qui ne sentait pas très bon, que le Fils de Dieu est né. Marie accepte. Je ne vois pas une femme d’aujourd’hui ni de son temps accepter d’accoucher dans un lieu pareil. Parce qu’elle avait dit Oui, elle accepte. C’est le plan de Dieu qui se réalise. Il nous est difficile d’accepter des situations qui ne nous plaisent pas dans la vie. On est capable de casser des relations à cause de cela . Mais le Sauveur est né, Marie que vous aimez tant a accepté d’accoucher là son enfant. Pourquoi pensez vous que votre vie doit être différente de celle de Marie  ? Tout doit être prévu, programmé. Mais qui vous dit que cela doit être comme cela  ? C’est pour cela que très souvent , nous passons à côté de la bénédiction de Dieu. Nous voulons que ce que Dieu veut concorde avec ce que je veux. Voulons nous notre volonté ou la volonté de Dieu  ?

En fait aujourd’hui nous nous sommes mis à la place de Dieu . C’est ma volonté que je veux de Dieu . Il faut qu’il vienne rencontrer ma volonté à moi . Nous avons retourné les choses. Il n’y avait pas de beau berceau là bas. Il n’y avait pas de chauffage. Un petit détail, je disais il est né au milieu de brebis. Là où le prêtre venait choisir la meilleure brebis pour le sacrifice. Et Jean Baptiste présente Jésus comme l’agneau de Dieu. C’est celui qui vient se sacrifier pour le salut, pour le pardon des péchés. J’espère que vous faites bien le lien. Il est né et trouve une place dans une mangeoire. Les brebis venaient là pour manger et trouvaient ce petit là dedans. Cela aidait à réchauffer l’enfant pour qu’il ne meure pas de froid. Marie accepte toutes ces conditions là. Elle avait dit oui, elle doit patienter pour que tout s’accomplisse, pour que le salut du monde se réalise.

Je voudrais que nous puissions demander la grâce de la patience. Pourquoi sommes nous souvent en colère  ? Pourquoi sommes nous divisés les uns contre les autres  ? Parce que nous ne sommes pas patients. Nous voulons tout et tout de suite. Le Seigneur nous invite à cela aujourd’hui : la patience. Savoir attendre. Même les bergers sont surpris quand les anges viennent leur annoncer qu’il leur est né un Sauveur. Ils ne l’ont pas vu dans ce couple qui cherchait où demeurer .

En nous donnant aujourd’hui à célébrer Marie Mère de Dieu, l’Eglise ne nous demande pas de chanter même si c’est une bonne chose, elle nous demande de regarder cette femme dans cette année qui commence et de choisir quelque chose dans sa vie, une attitude, un comportement, une parole de Marie et que vous vous disiez cette année 2019, je vais un peu me taire et laisser le Seigneur agir. Je vais être attentif, accepter tout ce qui arrive et offrir tout cela au Seigneur. Cette année qui commence sera la bénédiction pour mes enfants, pour mes petits enfants, la bénédiction pour mes frères, mes sœurs, tous ceux que je vais rencontrer. La femme que vous regardez aujourd’hui sera le modèle que vous allez suivre cette année. Nous serons alors capables de faire comme les bergers, chanter la louange de Dieu car quelque chose aura changé dans notre vie. Que le Seigneur vous bénisse et que la Vierge Marie nous accompagne tous.