Homélie du Père Pierre - 24 février 2019

2 mars 2019

Homélie du Père Pierre lors de la messe du 24 février 2019 à la cathédrale Saint Siffrein à Carpentras

Ô Seigneur envoie ton Esprit, qui renouvelle la face de la terre .

Mes frères, mes sœurs, chers amis, bonjour.
Je suis persuadé que vous êtes là parce que vous aimez le Seigneur et que vous êtes conscients que le Seigneur vous aime. Vous êtes là car vous allez rencontrer le Seigneur et faire une expérience nouvelle avec Lui. Dieu nous a convoqués et nous accueille dans sa maison et nous comble de sa présence. Il nous introduit dans sa connaissance pour que nous soyons capables de témoigner de Lui.
En écoutant la Parole que l’Eglise nous propose en ce dimanche, il y a lieu de se poser la question : que veut vraiment le Seigneur pour nous ? Dimanche dernier le texte de Luc nous a présenté les béatitudes qui nous a bouleversé. Il ne s’arrête pas là, aujourd’hui, il va beaucoup plus loin.

Au début de l’évangile , il dit : « Jésus déclara à ses disciples : je vous les dis à vous qui m’écoutez (aussi bien ceux qui l’écoutaient hier que ceux qui l’écoutent aujourd’hui car nous sommes tous contemporains de Jésus à travers la liturgie), aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient , à celui qui te frappe sur une joue présente l’autre joue, à celui qui te prend ton manteau, ne refuse pas ta tunique.

Je ne sais pas comment vous accueillez cette Parole de Jésus. Est-ce que nous restons juste à l’écouter sans penser à quoi ces paroles nous engagent ? Ou nous accueillons ces paroles et nous nous mettons en route pour faire ce qu’est sa volonté. Il y a un choix à faire. Oui, Seigneur, j’accueille ta parole et je l’accepte alors je la pratique dans la vie de tous les jours. Chacun de nous doit faire un choix. Quel est le votre ?

Nous sommes libres. Sans l’Esprit Saint , nous ne saurons pas faire le bon choix.
Sommes nous capables d’aimer comme le Seigneur nous le demande aujourd’hui ? Cet amour qui va jusqu’au pardon de l’ennemi. Cet amour qui va à la bénédiction de ceux qui nous maudissent. Sommes-nous capables de prier pour ceux qui nous calomnient ?

La première lecture nous donne une réponse, c’est l’histoire de David et de Saül. David est ce jeune homme qui a choisi de combattre les Phillistins aux côtés de Saül. Rappelez vous du combat entre David et Goliath. Goliath était un guerrier craint de tous. Mais voilà qu’un jour c’est David qui va le combattre. David , par la puissance de Dieu, va tuer Goliath. Après la victoire, ceux qui étaient restés dans la cité ont accueilli David. Mais ils chantent, Saül , Roi d’Israël et grand guerrier en a tué mille, David en a tué 10 000. Et le roi a entendu...A partir de là, la jalousie a grandi dans le cœur de Saül. Il a commencé à traquer David. Il prend 3000 hommes, guerriers d’Israël, pour traquer David alors que ce dernier n’avait qu’un compagnon avec lui. A un certain moment, Saül fatigué s’endort ainsi que ses hommes. David s’approche et constate que tout le monde dort, dont le roi avec sa lance et sa gourde à côté. David parvient jusqu’à lui et prend sa lance et sa gourde. Il aurait pu tuer son ennemi. Prendre sa lance et lui couper la tête. C’était d’ailleurs le conseil qui avait été donné à David. Mais ce dernier dit qu’il ne peut pas toucher à la vie de celui qui a été oint. Il prend la lance et la gourde et il s’éloigne. A bonne distance il interpelle le roi. « Regarde ta lance, regarde ta gourde. Le Seigneur t’avait remis entre mes mains. Mais je ne peux pas toucher à celui qui est oint. » Le roi se réveille et constate qu’il n’a plus sa lance, signe du pouvoir et la gourde qui contient l’eau, signe de la vie. David est capable de pardonner, de ne pas faire du mal.Nous tous avons reçu l’onction de Dieu . Rappelez vous de votre baptême. Avons nous respecté ceux qui ont reçu l’onction dans notre vie ? Est-on sûr que nos paroles, nos actions et nos réactions ne tuent pas ? C’est là que cette parole nous rejoint aujourd’hui .

Dans l’évangile, Jésus nous dit que nous devons aimer. Mais cet amour doit dépasser celui des païens qui sont aussi capables d’aimer, de partager. Parce qu’eux ne le font qu’envers leurs frères, leurs amis. Nous, nous devons aller au delà. Nous devons ressembler à notre Père qui est miséricordieux. Nous devons ressembler au nouvel Adam qui vient du ciel et agir comme Lui.

La miséricorde est plus que le pardon. Non seulement on a pardonné mais on a souci de l’autre. On a la compassion. Sommes-nous capables de cela ? Nous n’en serons capables que si on laisse l’Esprit saint habiter notre cœur. Car Dieu seul est capable de pardonner, Dieu seul est capable de miséricorde. Si nous laissons Dieu habiter notre cœur alors nous serons chrétiens. Nous sortirons de cette église transformés.

Que l’Esprit de Dieu nous vienne en aide et que la Vierge Marie intercède pour nous.