Homélie du Père Johan Baroli du Dimanche 17 juin 2018

21 juin 2018

Transcription de l’homélie du Père Johan Baroli du Dimanche 17 juin 2018 - Saint Siffrein Carpentras

Nous avons pleine confiance tout en sachant que nous sommes en exil loin du Seigneur, tant que nous habitons dans ce corps .

En effet, nous cheminons dans la Foi, nous cheminons sans voir. Au delà des difficultés de la vie, au delà des épreuves, le chrétien est invité à rester confiant. Confiant parce que ces mêmes épreuves, ce même sentiment d’exil que nous pouvons ressentir parfois, surtout lorsque nous avons l’impression que la terre entière est contre nous, ou alors lorsque nous sentons que nous sommes à contre-courant de certains lobbys véhiculés par la société actuelle, sont tout compte fait déjà cloués sur la croix, sont déjà glorifiés depuis la mort et la résurrection du Christ. Le Seigneur tient bel et bien les rennes. Rien que cette idée doit pouvoir renforcer notre Foi qui est comparée à une graine de moutarde dans l’Evangile de Marc que nous venons de proclamer. Mais également dans Matthieu. Elle déplace même les montagnes d’après Luc. D’ailleurs, si vous ne l’avez pas encore vu, je vous invite à regarder le film Little Boy (il vaut vraiment le coup). En prenant cette comparaison, avoir la Foi grande comme une graine de moutarde, comment ne pas nous rappeler que Dieu choisit ce qu’il y a de plus petit, de plus faible, de plus insignifiant pour déployer son œuvre, pour déployer sa grandeur, pour déployer son action de manière très concrète à travers nos intentions de prière.

La lecture du livre des Rois que nous avons proclamée il y a deux jours nous l’a encore prouvé.

Alors que le prophète Elie se trouvait sur la montagne, le Seigneur a fait passer un ouragan, un tremblement de terre, un feu, avant de manifester sa présence dans le murmure d’une brise légère, nous dit le texte. Même pas dans la brise légère elle-même, mais dans son murmure. Je disais plus haut que nous avons parfois l’impression d’être à contre-courant de la société actuelle, celle-là même qui nous pousse à être constamment dans la recherche de la performance, que ce soit dans le sport, le culte du corps, la mode ou bien dans l’efficacité, dans notre recherche constante d’avoir le dernier téléphone portable en date par exemple, dans la communication, à travers les différents réseaux sociaux qui nous polluent la vie en fin de compte, et qui ne font qu’alimenter de manière très subtile les lobbys, comme, pour consacrer cet exemple, le transhumanisme . Alors que la graine de moutarde est surtout attribuée au règne de Dieu dans Marc, l’Evangile de ce jour, que nous sommes appelés à favoriser en laissant l’Esprit Saint agir à travers nous et qui en grandissant dépasse toutes les plantes potagères grâce à ses longues branches permettant ainsi aux oiseaux de faire leur nid à son ombre, d’autres, que nous ne citerons pas, ne cessent de faire régner la discorde, les conflits, y compris dans nos communautés paroissiales qui composent ce même corps dont parle Saint Paul dans sa deuxième lettre aux Corinthiens, notre deuxième lecture du jour et que nous sommes appelés à être déjà.

Se laisser configurer au corps du Christ, il n’y a pas d’autre moyen pour que le règne de Dieu s’établisse en nous, à travers nous.

Telle est notre mission commune à nous, chrétiens baptisés, désireux de vivre notre Foi commune en Eglise. Mais attention, la Foi n’est pas seulement ce pour quoi nous sommes ici ce matin, ce pour quoi nous célébrons l’Eucharistie. Il faut éviter de tomber dans la routine spirituelle. Je vais à la messe parce qu’il faut aller à la messe et ça s’arrête là. Non . Je vais à la messe parce que ma raison d’être est de louer le Seigneur et que ma Foi trouve sa nourriture dans chacune des eucharisties que je célèbre. On ne peut faire l’impasse sur les racines qui sont la source de notre confiance, de l’amour que nous éprouvons pour le Seigneur. Ézéchiel, que nous avons entendu en première lecture , prend l’image d’un jeune rameau que Dieu va planter sur une montagne très élevée. Par celle-ci il veut sûrement parler de Jérusalem qui compte beaucoup pour nous aussi chrétiens et qui est d’ailleurs une des allégories de l’Eglise et par extension, de notre communauté paroissiale elle-même. Ce jeune rameau, vous l’avez sans doute deviné, c’est de toute évidence le Christ. Il faut savoir qu’à l’époque d’Ezechiel, celui-ci reçoit cette prophétie, alors que Jérusalem vient d’être prise par Nabuchodonosor, roi de Babylone et que la ville va être détruite et pillée. Nous sommes alors en 597, entre 597 et 587 avant JC.

Mais malgré ce contexte, le plan de Dieu s’est poursuivi jusqu’à nous aujourd’hui, il s’est même renforcé.

A travers nos pères, à travers nos frères aussi, que ce soit en Orient ou ailleurs, nous avons en effet, des exemples très concrets d’hommes, de femmes, d’adolescents même et ils sont nombreux aujourd’hui pour nous le signifier, d’enfants aussi qui rayonnent de cette même espérance enracinée dans la Foi ou plutôt sur ce roc en la personne du Christ et c’est grâce à ce même rayonnement qui se vit de manière très diversifiée à tous les niveaux que nous sommes là aujourd’hui avec le souci de laisser plus de place à l’Esprit Saint au cœur de notre quotidien. C’est de cette manière que nous pourrons alors travailler à établir le royaume de Dieu, à laisser germer et se déployer cette graine de moutarde qui est déjà en nous et qui ne demande que ça. Puis s’adressant aux catéchumènes présents pour leur première étape, Père Johan ajoute :

« C’est cette même graine de moutarde que vous allez recevoir le soir de votre baptême

et que vous êtes invités à faire germer avec l’Esprit Saint. Et pour ce faire nous allons vous remettre l’Evangile qui est en quelque sorte pour nous le guide du chrétien ici-bas. Il nous aide à faire germer cette semence . » Amen.