Homélie du Père Christian Barthès - 17 février 2019

24 février 2019

Homélie du Père Christian Barthès lors de la messe dominicale du 17 février 2019

Frères et sœurs,
ces béatitudes que nous venons d’entendre et tirées de l’évangile de Luc, nous sont moins familières que celles de Matthieu. Elles sont aussi beaucoup plus développées. Dans le livret remis aux familles en deuil, il y a l’évangile des béatitudes de Saint Matthieu. Un entrefilet sur le côté nous dit que celui ou celle qui nous a quitté a vécu une de ces béatitudes. Nous ne l’avons pas vu de visu mais c’était dans le secret du cœur de Dieu.

Nous avons ce symbolisme où Jésus s’est retiré sur la montagne, lieu de rencontre avec Dieu. Son Fils s’y rendait pour prier. Beaucoup de gens sont venus pour l’entendre. Riches, pauvres, disciples, les douze, sont là et attendent la parole du maître. Jésus se met à les regarder. Levant les yeux sur ses disciples , Il déclara : heureux vous les pauvres car le royaume de Dieu est à vous . Jésus n’oublie pas ce qu’est sa mission confiée par son Père. C’est d’aller vers ceux qui sont au bord du chemin, au bord de la route, ceux qui sont exclus de la synagogue ou du temple à cause de telle ou telle maladie. Il y a aussi tous ces possédés et c’est là le cœur de la mission : relever ceux qui sont humiliés, ceux qui ne comptent pas aux yeux des riches. En partageant l’évangile de jeudi, nous pensions à la parabole du riche et de Lazare. Lazare est emporté par les anges au ciel. Il était devant la maison du riche et ne mangeait pas à sa faim. Emporté par les anges, Lazare a priorité dans le cœur de Dieu. Vous vous souvenez de la suite. Le riche a soif et demande à Lazare de lui donner à boire . Mais cela n’est pas possible.

Ce passage de Saint Luc, c’est une façon de vivre pour chacun d’entre nous. C’est un programme de vie. Pour revenir à l’essentiel, c’est prendre de la distance avec une société consumériste qui nous accapare et nous accable de publicités. Elle met en avant ce Dieu argent. Si on n’y prend pas garde, on peut être broyé. De l’argent, il en faut pour vivre et les temps sont durs même pour les personnes qui sont en activité ou en retraite. Ces riches qui amassent ne l’emporteront pas au ciel. Ils iront se présenter à notre Père , Celui qui est dans les cieux, les mains vides.

Ces béatitudes qui nous sont données à méditer sont comme une clochette qui s’agite, un signal d’alarme avant d’aller trop loin.
Dans la vie, il y a des moments de joie et de peine, de souffrance. On peut se poser la question de savoir comment les personnes qui n’ont pas la foi font pour dépasser un deuil ou une maladie par exemple. Combien de fois ai-je entendu cela ? Le Seigneur nous épaule quand les épreuves nous accablent. N’oublions pas de rendre grâce pour les moments de joie.

Il y a aussi cette béatitude qui dit : heureux êtes vous quand les hommes vous haïssent et vous excluent, quand ils vous rejettent au nom du Fils de l’homme. Combien de personnes disent : mais tu vas encore à la messe, ça existe ça ? C’est fait pour les vieux. On y raconte des balivernes. Ceux qui vont à la messe sont des hypocrites. Nous devons témoigner de ce Dieu de bonté, de ce Dieu d’amour. C’est dur à entendre mais le Seigneur nous donne la force de dépasser toutes les critiques.

Ces derniers temps, il y a eu quatre églises de profanées, dont une cathédrale. C’est grave. Les Saintes Espèces ont été répandues, des supports de tabernacle ont été arrachés. Vous avez entendu comme moi ce qu’il s’est passé dans une église du côté de Nîmes ; Il faut être vigilant, très très vigilant. Une personne témoignait en disant qu’on avait touché à ce qu’il y a de plus sacré, les Saintes Espèces, le Corps du Christ Lui-même. Au fond de moi, disait-elle, je suis bouleversée. Je suis révoltée. Je suis en colère, je ne sais pas si je pourrai pardonner à ceux qui ont fait cela. Ca peut aller très loin.

Et puis en dernière partie, Jésus se tourne vers les riches. Ils ont déjà eu leur consolation. Ils ont eu la part du gâteau, la meilleure part. Ils auront des comptes à rendre à Notre Seigneur quand ils paraîtront.
Ouvrons notre cœur. Certaines béatitudes seront plus faciles que d’autres à mettre en œuvre. Mais elles ont un guide, une force spirituelle pour aller vers les autres. C’est un trésor que le Seigneur nous confie. Ne nous privons pas de lire et de relire ce passage de Saint Luc. Laissons Dieu s’installer dans nos cœurs à travers ce que nous appelons les béatitudes. Amen.