Homélie du 9 novembre 2019 - Père Gabriel

14 novembre 2019

A l’occasion du 39e Anniversaire du rappel à Dieu du Général de Gaulle,

9 Novembre 1970-9 Novembre 2019)

Messe à la Cathédrale St Siffrein de Carpentras – Accueil et Homélie du Père Gabriel, curé de Carpentras.

Introduction  : Chacun sait ici, quel grand homme d’Etat fut le Général de Gaulle (avec toutes les limites et les souffrances occasionnées dans et par l’exercice du Pouvoir). Combien il marqua de son empreinte notre histoire nationale et combien son visage comme sa voix sont encore présents à notre mémoire. C’est un monument de notre histoire, comme d’ailleurs la Basilique du Latran dont nous fêtons la dédicace, l’est pour les catholiques français, et faut-il le rappeler, spécialement pour le chef de l’Etat français dont il est chanoine titulaire (quel signe de la Providence que la mort du Général et la Fête de la première Eglise de Rome !).

1.Dès le début de la messe le Prophète Ezechiel le voyant multiplie sans cesse les scènes, les personnages et les lieux qui sont au service d’une voix  : la voix qui se fait parole :
« en ces jours-là, au cours d’une vision reçue du Seigneur, l’homme me fit revenir à l’entrée de la Maison, et voici : sous le seuil de la Maison, de l’eau jaillissait vers l’orient, puisque la façade de la Maison était du côté de l’orient. L’eau descendait de dessous le côté droit de la Maison, au sud de l’autel. L’homme me fit sortir par la porte du nord et me fit faire le tour par l’extérieur, jusqu’à la porte qui fait face à l’orient, et là encore l’eau coulait du côté droit. Il me dit : »

L’homme qui lança son célèbre appel le 18 juin 1940 et qui mourut le 9 novembre 1970 est indéniablement un visionnaire. Un historien le définit en trois mots : lucidité, courage et honneur. J’aime à croire que cet homme – le Général- chrétien convaincu qui faisait toujours inscrire dans ses déplacements l’horaire de la messe dominicale à ne pas manquer, s’inscrit dans cette grande histoire de France, dont nos monuments civils et religieux font mémoire, et qui ne manque ni de vision ni de souffle. Chez nous, ceci doit demeurer comme un appel à l’essentiel, dans la grande tradition judéo-chrétienne, fondée sur les fonts baptismaux de Reims. Être un homme de Parole fondée sur la Parole de Pères, fidèles à la Pierre de fondation de la France, Parole divine fait homme, Jésus-Christ, n’est-ce pas la grandeur de toute vie, politique, spirituelle et française.

2. La puissance de la Parole de Dieu, en effet, n’est pas simplement synonyme d’un livre ouvert ou d’un message éthique supérieur. Il s’agit précisément d’un appel qui nous conduit à Jésus Christ  : Celui qui gouverne est aussi Celui qui ne s’impose pas puisqu’il nous confie sa création et la gouvernance de ce monde. Sa seule exigence est une participation active demandée à tous et à chacun et fondée sur l’honneur (Espérance), la justice (Foi) et la probité (Charité), trois valeurs essentielles en politique, comme en religion, qui permettent à celles-ci d’être réalistes, présentes, et concrètes.

Pour ne pas les respecter, regardons aujourd’hui autour de nous la décomposition sociale ? Comme le fit sans complaisance Jésus devant le Temple de Jérusalem. Qu’avons-nous fait de la grande maison de Dieu qu’est la création, qu’avons-nous fait de nos villes et villages, de nos parlements et de nos palais gouvernementaux qu’avons-nous fait de nos Temples, Synagogues, Eglises et maintenant Mosquées : Maison du peuple où l’humain est respecté pour former une famille, ou cavernes de brigands, de vols, de violences, d’appel aux meurtres et d’assassinats où l’homme déraciné sans filiation n’est qu’un produit de consommation ?

Qu’a fait Jésus, en l’occurrence, il a pris le monde tel qu’il était devant lui, mais non pour consentir lâchement à la dérive, au consensus mou, au politiquement correct, mais il est intervenu avec volonté pour redresser le monde présent à lui. Comme disait un homme politique ici présent : « Aux antipodes du mot d’ordre de plus en plus répandu de l’ « adaptation ». La plupart des politiques aujourd’hui n’ont que cette injonction à la bouche : « il faut s’adapter ! ». Sommes-nous obligés de subir ou pouvons-nous, en nous appuyant sur la réalité, écrire notre propre histoire, choisir notre propre destin, la société dans laquelle nous voulons vivre ? » (Henri Guaino)

C’est ce qu’a fait aussi en son temps, avec les prises de risques et les imperfections de la nature humaine, le Général de Gaulle. Face au fatalisme d’un progressisme décérébré, il faut savoir dire Non ! Non à la France déracinée de son Histoire judéo-chrétienne, non à la France du communautarisme, non à la France du mépris de la vie et des plus faibles, non à la barbarie de la charia, non à la France livrée pieds et points liés au démon de l’Argent.
Il faut remettre debout la France, fière de ses 1600 ans d’Histoire, de pré carré, de lumières et d’ombres aussi, dont le symbole dont le monde entier a pris conscience lors de son incendie, est la Cathédrale de Paris, Lumière de la France libre et fidèle à la mémoire de nos Pères.
Et tous ses héros, et tous ses saints, Ils sont là ; ils veillent sur nous ! Il nous rappelle le maître-mot : courage, honneur et fidélité, et bien entendu, Messire Dieu, premier servi !

3.Prier pour le Général de Gaulle passe certainement par la mémoire de ses faits et gestes. Il convient de ne pas d’oublier cette part de notre grande geste nationale qui s’est manifestée dans la personne du Général de Gaulle.
Prier pour lui consiste à le remettre à la grâce de Dieu et à sa miséricorde infinie avec charité fraternelle. Sans doute faut-il le faire aussi pour d’autres avant qu’on ne le fasse pour nous.
Mais je dirais pour conclure que Prier pour le Général de Gaulle, chrétien, visionnaire et porte-parole, voix de la France libre et généreuse qui se risque et qui gouverne, doit nous conduire à Dieu, et –pour ceux qui se réclament de la foi chrétienne- à Jésus Christ l’inspirateur de nos projets, la source de nos propos, le maître de nos vies présentes comme de l’histoire humaine qu’Il a déjà sauvée.

Mesdames et Messieurs, aurons-nous encore en 2019 des hommes et des femmes politiques, militaires et religieux, lucides, courageux et dont l’honneur, la fidélité et la probité rythment les battements de leur cœur ? Il suffit de s’engager, avec l’aide de Dieu, sur les sentiers de la liberté ! Et certainement, puis-je me le permettre, de ne pas oublier d’inscrire sur le programme de vos déplacements l’horaire de la messe dominicale. Que Notre Dame de Paris, Reine de France, nous soutienne ! Amen