Homélie du 2 décembre 2018 à Saint Siffrein - Père Gabriel

6 décembre 2018

Homélie du Père Gabriel, Dimanche 2 décembre 2018, 1er dimanche de l’Avent

Chaque fois que j’ai la grâce depuis que je suis né, étant enfant avec mes parents et puis aussi en grandissant et après avoir été appelé au service du peuple de Dieu en devenant prêtre de l’Eglise, chaque fois que j’ai la joie de participer à ce temps de l’Avent et à entrer dans le temps de l’Avent, même avec les difficultés du temps présent, je crois qu’il faut nous laisser envahir par cette joie qui vient. Venez Divin Messie. Il faut que dans nos maisons, dans nos foyers, dans notre paroisse, nous sentions cette joie qui vient, c’est à dire cette présence de Jésus, le Fils de Dieu, le Messie. Le mot Avent recouvre trois réalités que nous allons développer et qui nous sont proposées par les textes de ce Dimanche.

Il y a d’abord une réalité mémorielle. Comme toujours, faisons mémoire. Nous avons écouté le prophète Jérémie . L’Avent, c’est la mémoire de cette promesse que Dieu a faite depuis le commencement de l’humanité, depuis Adam et Eve, après la chute, Il a toujours dit « Je viendrai ». Et c’est ce qui a animé le peuple de Dieu élu, le peuple d’Israël, à travers les messages des patriarches et des prophètes, en particulier Jérémie.

« En ce jour-là, je ferai germer pour David un germe de justice et il exercera dans le pays le droit de la justice. Jérusalem habitera en sécurité et voici comment on la nommera : le Seigneur est notre justice. » Mémoire de cette justice c’est à dire d’un Dieu qui sait ajuster l’histoire à la hauteur , à la profondeur, à la largeur et à l’infini de son Amour, de son cœur aimant.

Mémoire, pendant tout le temps de l’Avent, vous allez écouter l’Ancien Testament, les prophètes et bien évidemment le grand prophète qui fait la jonction entre l’Ancien et le Nouveau Testament : Saint Jean Baptiste. Jean Baptiste à la fois de l’Ancien Testament mais aussi celui qui montre.

Une mémoire mais ensuite une préparation. L’Avent, c’est se mettre en route, se mettre en chemin et nous sommes toujours en chemin vers ce Dieu qui nous visite. C’est le grand thème évidemment de la prédication de Jean Baptiste mais c’est aussi le thème de cette liturgie et en particulier de la lettre de Saint Paul aux Thessaloniciens. « Pour le reste, frères, vous avez appris de tous comment il faut vous conduire pour plaire à Dieu. Faites donc de nouveaux progrès, nous vous le demandons. » Donc le temps de l’Avent, c’est aussi un temps de reprise en main. Ou plutôt un temps où nous prenons les bonnes nourritures, les bonnes chaussures, le bon sac à dos, tout ce qu’il faut pour bien accomplir ce chemin. C’est un chemin qui ne fait que commencer et qui ne s’arrêtera bien sûr qu’au bord de l’éternité. Préparation. Mémoire, se préparer. Etre dans les starting blocks comme je vous l’ai écrit dans la feuille paroissiale. Avoir vraiment l’intention de courir, d’aller à la rencontre de l’Emmanuel, Dieu avec nous.

Et puis la troisième réalité de l’Avent dont nous parlent et Paul et Jésus dans l’évangile, c’est la réalisation. Nous ne sommes pas dans l’Avent comme si rien ne s’était passé. Nous, nous savons que non seulement Jésus est venu mais Il est venu habiter parmi nous, Il a vécu sa vie avec nous, Il est mort pour nous. Il a donné sa vie, Il s’est fait pain de vie et Il est ressuscité. Il est vivant. Il a vaincu, Il est le Maître de l’Histoire et du temps et Il reviendra. Alors cette réalisation, elle est en route. Nous sommes déjà dans ce qu’on appelle les fins dernières.

C’est pour cela que Jésus nous parle des fins dernières, non pas pour que nous en ayons peur mais pour nous dire, vous et moi disciples du Christ, nous devons marcher la tête haute, relever la tête parce que le Royaume de Dieu est déjà réalisé là-haut, le ciel est ouvert, le ciel et la terre communiquent et il se réalise dans le temps, avec nous. Et même si nous avons eu la douleur de perdre un proche, et il y a parmi nous des gens qui sont venus pour qu’on prie pour leurs défunts, nous avons la certitude que donne la Foi dans le Messie, que ces promesses ont été réalisées. Nous savons où nous allons.

Et le lieu où nous pouvons revivre la mémoire, la préparation et la réalisation, chaque dimanche, c’est l’Eucharistie que l’on appelle mémoire, on fait mémoire c’est à dire on rend présent, on se prépare c’est à dire qu’on apprend petit à petit c’est dans un cycle annuel, chaque année on reprend les bonnes intentions, on se prépare, on se purifie, on s’informe, on se forme, on prie, on partage et puis la réalisation car quand je vais communier, et parmi nous une personne va faire sa première communion, quand nous communions nous communions au petit Jésus qui est devenu le grand Jésus humain, divin, qui a donné sa vie et qui est toujours vivant. Nous communions à la réalité de ce Royaume qui se réalise en nous.

Et c’est pour cela qu’on appelle l’Eucharistie non seulement l’action de grâce mais aussi le viatique, le pain de vie qui nous met en route vers la terre promise. A chaque fois que la messe est célébrée est renouvelé le sacrifice unique du Christ qui sauve le monde. Vous vous rappellerez l’Avent : mémoire, préparation, pas que la crèche extérieure mais la crèche intérieure et puis réalisation. Nous sommes dans l’espérance, nous sommes des témoins de l’espérance.

Laissez grandir en vous cette petite étoile. Nous chanterons à la fin : regarde l’étoile.C’est cela l’Avent : Foi, espérance, charité et communion, Dieu se fait l’un de nous pour que nous vivions avec Lui en communion. Nous allons maintenant célébrer, cette mémoire, cette préparation, cette réalisation que l’on nomme Eucharistie. Amen.