Dimanche 20 Janvier 2019, Les Noces de cana

23 janvier 2019

Je vous invite à des Noces,

pas celle de Cana, qui ont eu un temps, mais les noces de Dieu avec chacun de nous, et nous tous ensemble  ! Je vous invite en ce jour à redire votre oui à l’Amour, selon votre état de vie, selon vos charismes et dons, et à rendre grâce. Car tous, nous pouvons dire oui, au patrimoine reçu, oui à la vie, à la famille et à la vie, oui au don de soi pour les autres, oui aussi aux liens invisibles qui relient les choses et les êtres entre eux. Confrérie du Taste fougasse, le sacrement des malades pour Danielle.

Homélie  : Que peut-on faire, que peut-on dire aux hommes  ?

En cette crise sociale mondiale, cette question se pose, exactement comme elle s’est posée à la société de l’époque de Jésus : que peut-on dire aux hommes  ? Pour la dignité et la noblesse de notre humanité, nous avons soif d’autre chose que l’eau de la surconsommation et du mouvement perpétuel, nous avons soif du vin nouveau de la joie des Noces de l’Agneau.

Antoine de Saint Exupéry, dans sa lettre au Général X, l’a dit à sa manière : ‘Les liens d’amour qui nouent les hommes d’aujourd’hui aux êtres comme aux choses sont si peu tendus, si peu denses, que l’homme ne sent plus l’absence comme autrefois. C’est le mot terrible de cette histoire juive : «  Tu vas donc là-bas  ?  » Comme tu seras loin  ? – Loin d’où  ?  » Le «    » qu’il a quitté n ‘était plus guère qu’un vaste faisceau d’habitudes. En cette époque de divorce, on divorce avec la même facilité d’avec les choses. Les frigidaires sont interchangeables. Et la maison aussi si elle n’est qu’un assemblage. Et la femme. Et la religion. Et le parti. On ne peut même pas être infidèle : à quoi serait-on infidèle  ? Loin d’où et infidèle de quoi  ? Désert de l’homme. Autant que des êtres, je parle des coutumes, des intonations irremplaçables, d’une certaine lumière spirituelle. Du déjeuner dans la ferme provençale sous les oliviers, mais aussi de Haendel…. La Civilisation est un lien invisible, puisqu’elle porte, non sur les choses, mais sur les invisibles liens qui les nouent l’une à l’autre, ainsi et non autrement .’

Les Noces de Cana où Jésus prend part et prolonge la fête en accordant à profusion le bon vin, est exactement ce lien invisible qui fonde la civilisation : l’amour, l’engagement, la bénédiction, le repas de fête, la maison, sans oublier le village, la terre, le pays, sont les lieux authentiques du lien durable qui donne sens à nos vies, parce qu’ils sont au sens le plus exact des «  demeures  ». Des lieux qui demeurent et où peuvent demeurer et se transmettre, la vie, la joie du don, une histoire de famille, un destin commun… de la durée… de l’amour. Il faut du repos pour faire l’âme et le sermon sur la montagne, et les noces de Cana, et le bon vin, et la bonne fougasse…

Comment redonner sens au mouvement de notre vie  ? Aimons nos maisons, notre terre, nos traditions. Aimons nous y reposer, nous y relier, nous y recréer. Retrouvons le sens sacré de ces réalités, la présence de Dieu qui les a voulues, qui les a bénits, et qui les a vécues en Jésus Christ. C’est dans ces réalités que se manifestent le plus simplement et profondément sa présence et la joie de l’Evangile, que Jésus a comparé à des noces éternelles et que l’Ecriture d’aujourd’hui nous rappelle : On ne te dira plus : «  Délaissée  !  » À ton pays, nul ne dira : «  Désolation  !  » Toi, tu seras appelée «  Ma Préférence  », cette terre se nommera «  L’Épousée  ». Car le Seigneur t’a préférée, et cette terre deviendra «  L’Épousée  ». Comme un jeune homme épouse une vierge, ton Bâtisseur t’épousera. Comme la jeune mariée fait la joie de son mari, tu seras la joie de ton Dieu. (Is 62,4-5). Amen  !