2019 ou 1939 ?

19 février 2019

Quand je pense que le 20 et 21 avril prochain, Juifs et Chrétiens vont fêter ensemble Pâque,
Quand je pense que Juifs et Chrétiens vont manger chez eux l’Agneau pascal, symbole de la délivrance, de la fin de l’Exode, du Salut,
Quand je pense que les Alleluia et les Amen vont retentir dans nos cœurs unis devant l’Eternel aux sons des psaumes et de la Torah,
Je me réjouis de vivre en 2019, en France et à Carpentras, me réjouir de cette fraternité, de cette liberté, et de ce respect qui a pour nom égalité. Et j’ai envie de chanter : « Douce France… ».

Mais quand je pense que le 16 Février à Paris, - alors que je me trouvais à l’Abbaye d’Aiguebelle, un de ces lieux inspirés, avec 80 paroissiens pour prier auprès des moines martyrs de Tibhirine et écouter leur message de communion et de pardon, -, un Académicien français était pris à parti et invectivé au seul titre qu’il était juif, traité de « sioniste », de « raciste », avec comme coup de grâce : « la France est à nous ! », quand je pense aux tags sur des vitrines ou des boites aux lettres « Juden » , j’ai cru être retourné en 1939 et suivantes, et j’ai eu honte pour la France ! J’avais envie de chanter : « Ne m’appelez plus jamais France… »

L’individu qui s’est permis ces insultes à visage découvert et devant les caméras, est connu semble-t-il comme acquis au fondamentalisme islamique, qui est aujourd’hui la pire des menaces contre l’existence même de la France libre, fraternelle et respectueuse. 

Ce qui se passe le 16 Février est gravissime, et si l’avertissement n’est pas pris au sérieux par les pouvoirs publics, comme par la France profonde, y compris celle des gilets jaunes, il est le prélude à une descente aux enfers, dont nous avons en mémoire les récits et les images du nom de Terreur, de Nazisme et, aujourd’hui de Daesh.

Père Gabriel, curé de Carpentras