11 novembre 2018 - Messe en mémoire des soldats français morts pendant la première guerre mondiale

15 novembre 2018

Dimanche 11 novembre 2018, à 9h00, en la cathédrale de la Saint Siffrein,

une messe a été célébrée par le Père Gabriel en mémoire des soldats français morts pendant la première guerre mondiale. Meyer Benzecrit, président du culte israélite, et Khalid Belkadir, président de la mosquée de Carpentras, étaient présents pour montrer le caractère universel de cette célébration à laquelle ont participé le Maire de Carpentras, Serge Andrieu, Jacqueline Bouyac, et les représentants des anciens combattants.


Lorsque la foule, croyants et non-croyants, est entrée dans l’église en chantant « Shalom Halerem, la paix soit avec vous »,

en français et hébreu, derrière les porte-drapeaux et les pénitents noirs, l’émotion a gagné tous les rangs.

L’homélie de Père Gabriel a porté sur la paix.

La voici : Shalom – Salam – Paix ! Pour que cessent les armes !

Abandonnant tout protocole, que j’aime bien par ailleurs, je vous salue tous et chacun dans « votre maison » un de ces lieux parmi d’autres, où l’on vit ensemble dans une commune espérance et sous le regard de Dieu, les choses de la vie, l’amour, la naissance, la souffrance aussi et la douleur du départ, mais surtout une volonté commune et remplie d’espérance qu’il est possible de mieux vivre, de bien vivre, en étant tous acteurs dans notre cité de Carpentras, de justice et de paix, de respect et de liberté, d’affection fraternelle aussi. Nous sommes des humains, sous le regard du Ciel, sous le regard de Dieu, que nous aimons appeler Abba, Baba, Père. Je vous accueille donc simplement au nom des mes frères et sœurs chrétiens, comme des frères et des sœurs en humanité et en Dieu, non pas uniquement pour une marche mémorielle de l’armistice signée il y a 100 ans, mais pour une marche vivante, actuelle du cri le plus profond de l’humanité, qui monte de tous les pays, dépassant les cultures, les philosophies et les religions : « Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ». Joshua, Issa, Jésus vous dit : « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5, 9).
Que chacune et chacun d’entre-nous ouvre son cœur, accueille cette paix, offre cette paix à son prochain. Je vous propose maintenant de faire ce geste de Paix et de saluer vos voisins immédiats : Shalom, Salam et Paix !

Sachons aussi purifier notre cœur de tout ressentiment, tout jugement, toute haine qui nous séparent les uns les autres : demandons à Dieu d’être pour nous comme une mère pour son bébé Hébreu : rahamim Grec : splanchna ou éléos
 

La paix ! Les Textes sacrés que nous avons entendus mettent devant nos yeux une double scène magnifique, qui n’a pas d’âge, de frontière, de culture, une scène universelle : une veuve de Sarepta, au temps du grand prophète Elie, Elle n’est pas juive mais elle secourt ce juste pourchassé par les armées du Roi d’Israël, qui s’est prostitué au pouvoir, aux honneurs et aux richesses. Elle donne un peu d’huile, un peu de farine, … deux petites choses, mais tout elle-même
Une autre veuve de Jérusalem, au temps de Jésus, qui fait son offrande au Temple, deux petit sous, tout ce qu’elle avait.
Ces deux petites choses nous rappelle le commandement unique à double face : Ecoute Israël, tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme de toutes tes forces, et tu aimerais ton prochain comme toi-même ! « De ces deux commandements dépend toute la Loi, ainsi que les Prophètes ».
Sans l’amour de Dieu et du prochain il ne peut y avoir de véritable fidélité à l’alliance avec le Seigneur. Et j’y vois les racines et le garde-fou de la vraie paix ! Celle qui prend sa source dans la dignité de tout humain, capable de Dieu. « C’est le rêve de Dieu pour l’homme », dit le Pape François. Et pour réaliser ce rêve, nous avons besoin de sa présence dans notre monde, nous avons besoin de silence et de recueillement, de mémoire et de partage, pour laisser passer dans notre monde affairé, un souffle divin, un air pur et serein, cette présence de Dieu avec nous l’Emmanuel, Noël. L’enfant, qui est le modèle d’une humanité de justice et de paix. La paix est avant tout un don de Dieu. Nous croyants, nous affirmons que Dieu est notre vraie paix, et pour nous chrétiens, que le Christ est notre vraie paix : en Lui et sur la Croix, Dieu a réconcilié le monde avec Lui et a détruit les barrières qui nous séparaient les uns des autres (cf. Ep 2, 14-18) ; en Lui il y a une seule famille réconciliée dans l’amour.

Toutefois, la paix n’est pas seulement un don à recevoir, mais bien également une œuvre à construire, et pas seulement pour éviter la guerre. La paix commence ici à Carpentras, elle naît de la justice pratiquée par chacun envers son prochain, en particulier par ceux qui ont à exercé la noble fonction du gouvernement public ou spirituel. Pour être vraiment des artisans de paix, nous devons travailler ensemble au bien de notre cité et éduquer et transmettre ces valeurs de civisme, de respect, de solidarité et même de compassion, qui laisse entrevoir la beauté de chaque être humain, cette intelligence du cœur fait pour l’infini.

À vous tous, hommes et femmes qui avez à cœur la cause de la paix, regardons l’avenir avec une plus grande espérance, encourageons-nous les uns les autres dans notre cheminement, travaillons à donner à notre ville de Carpentras un visage plus humain et fraternel, et sentons-nous unis dans la responsabilité envers les jeunes générations présentes et futures, en particulier en les éduquant à être des personnes pacifiques et des artisans de paix. Que nos anciens ne soient pas morts pour rien, eux qui reposent en paix ! Qu’ils nous aident à aller porter la paix partout, même s’il fallait donner l’huile et la farine de nos cœurs, les deux pièces de la bourse de nos cœurs, bref, s’il fallait donner notre vie pour ce noble idéal.
C’est sur la base de cette prise de conscience que je vous confie ces quelques mots, et je vous remercie, vous femmes et hommes de bonne volonté de favoriser ici à Carpentras en toute occasion la Justice, l’ordre et la Paix : Shalom, Salam et Paix. Amen ! Père Gabriel