Les Servants d’Autel

25 août 2015

Tout garçon peut devenir Servant d’Autel, chacun étant régulier dans ce service.

Le Père Johan BAROLI les invite à rejoindre le groupe des enfants de chœur afin de servir la Messe.

Plusieurs activités leur sont proposées selon leur âge : répétitions de la liturgie, formation, sorties culturelles et sportives, théâtre.

Ces garçons s’engagent à venir régulièrement et se présentent à l’église Notre-Dame de l’Observance ou à la cathédrale Saint Siffrein un quart d’heure avant la Messe.


Témoignage Johan BAROLI, journée des vocations 2013

Je suis l’aîné d’une fratrie de cinq enfants. Issu d’une famille non pratiquante (à la base), j’ai trouvé la foi à travers des chrétiens de tous âges et tout particulièrement chez 3 personnes : ma première catéchiste, et 2 prêtres (les Pères Lucien Rivaud et Louis Seigle).

Alors qu’un jour je traversais le parvis de l’église du Pontet (ma ville natale), accompagné de ma mère, je vis un groupe d’enfants de mon âge (7-8 ans) entrer dans l’église, (sûrement pour un temps de prière…) Intrigué, j’ai donc questionné ma mère sur ce sujet… Et après avoir eu quelques réponses, j’ai ressenti le désir d’en savoir plus… Je fis alors mes premiers pas au catéchisme et on me fit rencontrer pour la 1ère fois la personne du Christ.

J’étais à cette époque un enfant hyperactif et très violent envers mes camarades de l’école… Je pense que j’étais jaloux des bonnes situations des uns et des autres… Ils habitaient de belles maisons, leurs parents avaient de belles voitures, ils avaient les dernières consoles de jeux sans aucun problème… Et moi je n’avais pas tout ça ! Nous vivions en HLM, nous n’avions pas de moyen de locomotion et ma mère se saignait aux quatre veines pour nous nourrir…. Alors pour avoir la dernière console de jeu c’était « mort » comme disent les jeunes !

Cependant, lorsque je suivais une séance de KT, que je rentrais dans une église ou encore quand je suivais la messe ou un office… ma haine, ma jalousie, mon hyperactivité disparaissaient… Je me sentais interpellé et accepté tel que j’étais… Je me sentais aimé par une réalité qui me dépassait et qui m’invitait à sortir de mon égocentrisme… Et le jour de ma première communion (je devais alors avoir 9 ans), au moment de la consécration du pain et du vin, un désir que je n’avais encore jamais ressenti m’a envahi… Celui de devenir prêtre ! « Mais c’est impossible ! » me dis-je. « Comment le Seigneur peut t’appeler alors que tu es jaloux, hyperactif et que tu es nul à l’école ? » Ainsi ma première réaction fut de refouler cette « idée »…

Après ma profession de foi, ma mère m’a laissé la possibilité de poursuivre mon cheminement à l’aumônerie… Mais cette expérience ne fut pas pour moi concluante et progressivement j’ai arrêté toute pratique religieuse, préférant suivre une bande « d’amis pas très catholiques »…

Un beau jour de Jeudi Saint (alors donc que je ne mettais plus les pieds à l’église), j’ai eu le désir d’aller à la messe… Arrivé à l’entrée de l’église, une tête blanche (parmi d’autres têtes blanches) s’est approchée de moi… Ce petit homme était le prêtre qui desservait la paroisse… Il m’a alors proposé de l’aider dans son office en servant la messe… « Quelle idée ! je n’avais jamais fait ça ! » Mais j’ai accepté !

Bien entendu, je ne suis pas sorti indemne de cette célébration… A la fin de celle-ci, ce même prêtre m’a invité à renouveler l’expérience… Et c’est comme ça que j’ai repris le chemin de l’église.

Toute la personne de ce prêtre m’épatait : son don de soi, son caractère, ses homélies et surtout… sa relation avec le Christ. En effet, quand j’arrivais le dimanche matin, lui il était dans les premiers bancs, en prière… Sans trop faire attention je l’interrompais dans sa prière pour simplement le saluer… Je lui disais alors : « Priez pour moi mon Père » ou encore : « n’oubliez pas de prier pour moi… » Ayant du caractère, il m’a un jour répondu : « Fais-le toi-même ! » J’ai donc compris que je le dérangeais peut-être un peu quand j’allais le saluer à ce moment-là ! J’ai également saisi que je devais moi aussi, développer une vie spirituelle personnelle et pas seulement me laisser porter par la vie ecclésiale.

Après une confession, ce même prêtre m’a alors tendu un tract du service des vocations du diocèse… Celui-ci organisait un Week-End à l’abbaye de Sénanque pour des jeunes qui se posaient des questions sur le sens de leur vie… J’ai donc accepté de suivre cette session et d’autres… Jusqu’à mon entrée au séminaire. J’avais à ce moment là 18 ans, et me voilà aujourd’hui à 27 ans presqu’au terme de ma formation …

Père Johan