Editorial : Feuille paroissiale du 24 septembre 2017

4 octobre 2017

„Tous, ouvriers de la onzième heure !“

En ce temps de rentrée sociale, et, qui plus est, au lendemain des élections, il y a une spécialité française reconnue dans le monde entier : les manifs et les grèves. On nous descerne même le titre de champions du monde !

Or, ce Dimanche, voilà un Evangile qui risque bien de scandaliser les acteurs de la vie sociale, et aussi, c’est le comble ! (certains parleraient de miracle !) de les réunir. En effet, faites lire à Mr Martinez et à Mr Gattaz la parabole des ouvriers de la onzième heure, je suis sûr qu’ils descendent aussi sec dans la rue, main dans la main, pour dénoncer la vision économique de Jésus, le Fils du PDG Dieu ! Je suis persuadé que, nous aussi, cet évangile nous scandalise, mais que nous trouvons des circonstances atténuantes au pauvre Jésus : Ton Royaume n’est pas de ce monde, donc ta parabole aussi ! Jolie pirouette ! Et pourquoi Jésus n’aurait-il pas raison sur tous les plans ?

Si Jésus parle en Parabole, c’est pour nous réveiller, nous sortir de la torpeur et nous réorienter vers… la vie éternelle. Comme a dit cette semaine la petite Chloé, devant sa maman, émue au souvenir de son bébé mort-né : "mais maman, après la mort, il y a l’autre vie ! ; Elise est vivante pour toujours ! " (affirmation du haut de ses 8 ans !)

Nous n’avons en réalité qu’une seule vie, qui commence dès ici-bas. Dieu nous invite à faire fructifier cette vie en nous invitant à travailler à sa vigne pour récolter le raisin, non de la colère, mais de la joie du service et du partage. Pour ce travail, il nous donne le denier de sa grâce, sa propre vie, pour que nous nous regardions tous comme des frères. Car, sans l’amour de Dieu en nous, c’est impossible. Deux points d’attention : l’accueil des nouveaux… et se mettre au travail comme des serviteurs non comme des propriétaires !

A chaque heure de la vie, cette proposition est faite à tous les hommes (ANPE de Jésus), appelés à travailler à la vigne du Seigneur, pour former l’Eglise, Corps et Sacrement du Christ. La récompense finale, pré-contenue dans le denier de la grâce, gratuite et imméritée, c’est la vie éternelle d‘enfants de Dieu, dans un face à face d’amour, de reconnaissance et de louange, en famille. Conclusion : la vision économique de Jésus est la bonne (à quoi sert à l’homme de gagner l’univers s’il en vient à perdre son âme !)
Mais je vais pousser le bouchon plus loin encore : la seule voie possible pour établir ici-bas une vie sociale juste, au service du bien commun, c’est de se considérer tous, qu’on soit Martinez ou Gattaz, comme des ouvriers de la onzième heure !!!

Mais là Seigneur, il s’agit de conversion, donc de miracle, et c’est ton affaire ! Cependant, j’ai confiance, je sais qu‘à Dieu, rien d’impossible !
P. Gabriel, ouvrier de la onzième heure ! ( belle épitaphe)